par Matthieu Auzanneau

 

Michael Kumhof est co-responsable de la modélisation au sein du Fonds monétaire international (FMI). Avec d'autres chercheurs du FMI, il a publié plusieurs études sur le "pic pétrolier". Ces études recèlent des mises en garde concernant un possible déclin prochain de la production mondiale de pétrole. 

L'inquiétude de M. Kumhof ne trouve aucun écho dans la ligne politique du FMI. Cet économiste allemand de 50 ans n'a pas été appelé à présenter ses travaux devant Christine Lagarde et le reste de la direction du bailleur international. Son travail n'en mérite pas moins l'attention...

Ignorer le pic pétrolier serait "hautement anti-scientifique et même irresponsable", estime Michael Kumhof, co-responsable de la modélisation au FMI. (DR Anna Simonsson)

 

Pourquoi vous êtes-vous penché sur la question du pic pétrolier ?

Michael Kumhof - Cela fait presque dix ans que je suis préoccupé par cette question. Je ne suis pas certain de quand le déclin de la production mondiale de pétrole risque de commencer. Mais lorsque j'observe l'économie mondiale, je sais que les implications d'un tel déclin seraient si graves qu'en tant que chercheur, je ne peux qu'examiner ce problème avec le plus grand sérieux.

 

 

Combien de temps avons-nous encore avant que le déclin commence ?

C'est l'une des choses que nous essayons de déterminer. Un fait est certain : depuis la fin de l'année 2005, la croissance de la production mondiale de pétrole brut est proche de zéro. Si vous ajoutez à cette production le gaz naturel liquide et les formes non-conventionnelles de pétrole, alors la tendance récente devient un tout petit peu plus positive. Mais, si vous regardez seulement le pétrole brut [qui constitue environ 80 % de la production de carburant liquide], alors on pourrait dire que nous avons déjà atteint la production historique maximale.[...] Pour lire la suite, cliquez ici