[AFP/OLJ] - La Turquie a décidé de retirer de ses statistiques toute information sur l’origine de ses importations de pétrole, alors que les Etats-Unis l’incitent à réduire ses achats auprès de l’Iran dans le cadre du renforcement des sanctions contre le programme nucléaire controversé de Téhéran, a-t-on appris vendredi de source officielle turque.

Cette décision a été prise à la requête de la principale compagnie pétrolière turque, Tüpras, qui interdit déjà à l’Institut turc de la statistique (TUIK) de publier le montant chiffré de ses importations d’hydrocarbures.

"Tüpras nous a demandé le mois dernier de ne pas révéler l’origine de nos importations de pétrole brut et donner à la place un chiffre général", a indiqué à l’AFP un responsable du TUIK s’exprimant sous couvert de l’anonymat. "Nous n’avons pas été informés de la cause de ce changement", a-t-il ajouté.
La compagnie pétrolière Tüpras s’est refusée à tout commentaire.

Cette décision intervient alors que les pays occidentaux ont mis en place début 2012 un embargo pétrolier contre l’Iran, qu’ils soupçonnent de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce que nie Téhéran.

Le 30 novembre, le Sénat américain a approuvé de nouvelles sanctions économiques pour paralyser un peu plus les secteurs de l’énergie et des transports maritimes en Iran, dans la foulée de nouvelles mesures de l’Union européenne restreignant le transport d’hydrocarbures et interdisant d’importer du gaz iranien.

Sous la pression des Américains, Tüpras a déjà réduit fin mai de 20% ses achats de brut d’Iran, qui représente un tiers des importations turques de pétrole.
Le mois dernier, le ministre turc de l’Energie Taner Yildiz a toutefois réaffirmé que son pays continuerait à importer du gaz iranien.

L’Iran est le deuxième fournisseur en gaz naturel de la Turquie après la Russie. Il fournit 18 à 20% du gaz consommé par la Turquie.