par Matthieu Auzanneau

 

 

Tandis que la ministre de l'écologie dit que sortir du pétrole est une nécessité prioritaire, une note confidentielle du quai d'Orsay que j'ai pu lire juge la "prophétie" des "adeptes du pic pétrolier" démentie par le boom du gaz et du pétrole de schiste. Vraiment ?

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, m'a fait l'honneur de m'inviter à discuter avec elle du débat national sur la transition énergétique en compagnie des représentants de plusieurs sites d'information spécialisés.

"A quoi sert ce débat national sur la transition énergétique ?", ai-je demandé.

Delphine Batho a répondu en insistant d'emblée sur l'inévitable "hausse structurelle des coûts de l'énergie".

La ministre de l'écologie a à peine évoqué le climat : la priorité immédiate du gouvernement Ayrault, c'est la réduction de la facture énergétique. Cette facture des importations de pétrole et de gaz naturel a atteint un nouveau montant record en 2012, à 69 milliards d'euros, soit plus que le déficit commercial total de la France.

Delphine Batho a évoqué la nécessité de "retrouver une souveraineté énergétique" et de "réduire la consommation d'énergie sans perdre en qualité de vie", tout en faisant face au "mur d'investissement" qui barre l'avenir prochain de nos très chères centrales nucléaires. Bienvenue sur le plateau de "C'est pas Gagné".

Le sous-texte du débat national sur la transition énergétique pourrait être : "Les prix de l'énergie vont enfler et pas qu'un peu, alors préparez-vous, Françaises-Français, ça va douiller !"

Au moins, me disais-je, le diagnostic est clair. Le discours tenu par la ministre de l'écologie et l'existence même du débat national sur la transition énergétique prouvent qu'au sein des pouvoirs publics, la réalité de la menace historique d'une vraisemblable raréfaction prochaine du pétrole fait désormais consensus.

Or même pas.

Une note confidentielle produite le 16 avril par le ministère des affaires étrangères met en doute l'idée même d'un pic pétrolier. La "prophétie du pic pétrolier", ce"millénarisme énergétique", est une "thèse non-scientifique", jugent les auteurs de cette note, l'économiste Patrick Allard et l'historien Justin Vaïsse, directeur du tout nouveau Centre d'analyse, de prospective et de stratégie (CAPS) du Quai d'Orsay.

 

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