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Les réserves algériennes de change qui, selon les estimations, doivent dépasser les 205 milliards de dollars d'ici la fin de l'année 2012, pourraient être revues à la baisse.

Le vent a-t-il décidé de tourner? La conjoncture très favorable qui a permis à l'Algérie d'engranger plus de 186 milliards de dollars au terme de l'année 2011 grâce à des prix du pétrole qui sont restés à des niveaux intéressants, pourrait connaître un sérieux coup d'arrêt. Les pays occidentaux sont décidés à tout mettre en oeuvre pour faire baisser des prix du pétrole qu'ils jugent encore trop élevés malgré la baisse notoire qu'ils subissent depuis trois semaines. Les huit pays les plus puissants, économiquement, de la planète se tiennent prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques pour accentuer la chute des cours de l'or noir qui se maintiennent juste au-dessus de la barre des 90 dollars. Les pays qui dépendent de leur pétrole verront leurs revenus sensiblement diminuer, si cette démarche venait à se concrétiser. L'Algérie qui milite pour un prix du baril à 100 dollars, voire plus, est concernée à plus d'un titre. L'Opep qui est censée défendre les intérêts de ses membres gardera-t-elle le silence?
Le «Groupe des Huit» met la pression sur l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui doit se réunir le mois prochain, probablement, à Vienne, en Autriche. L'été pourrait être chaud pour le marché pétrolier. Comme il risque de l'être pour l'économie nationale qui dépend à quelque 98% de ses exportations en hydrocarbures. Les huit pays les plus riches de la planète (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) sont décidés à agir pour chahuter les cours de l'or noir dans quelques jours. Des déclarations sans ambages se sont multipliées à ce sujet. «En prévision de probables perturbations dans les ventes de pétrole (...) nous nous tenons prêts à demander (à l'AIE) de prendre les mesures appropriées pour s'assurer de l'approvisionnement complet et opportun du marché», souligne un communiqué du G8 publié dans le sillage du sommet qui s'est tenu, samedi, à Camp David (Maryland aux Etats-Unis). «Le mot «probables» indique qu'il n'y aura pas besoin que les perturbations à venir sur le marché pétrolier soient énormes pour déclencher un recours aux réserves stratégiques,» a expliqué Michael Levi, spécialiste des politiques énergétiques au Council on Foreign Relations, un cercle de réflexion new-yorkais. «Nous nous attaquons ici aux deux plus graves menaces pour nos économies, ce sont évidemment la crise de la zone euro et les prix très élevés du pétrole, qui se répercutent sur les prix à la pompe. Nous faisons des progrès sur ces deux dossiers», a déclaré, pour sa part, aux journalistes, le Premier ministre britannique David Cameron après un entretien avec le président américain.
Les réserves algériennes de change qui, selon les estimations, doivent dépasser les 205 milliards de dollars d'ici la fin de l'année 2012 seront-elles compromises? Si l'on se fie à la dégringolade subie par les prix du baril de pétrole, il y a de quoi se poser la question. A New York le baril a clôturé la semaine (vendredi) à 91,48 dollars cédant 1,08 dollars par rapport à la séance de la veille. Accusant ainsi sa sixième séance consécutive de baisse. En l'espace de quelque vingt et un jours, les pertes accumulées par le brut léger américain s'élèvent à près de 14 dollars.13,45 dollars exactement tandis que le Brent de la mer du Nord coté à Londres cédait, de son côté, 12,69 dollars pour la même période. La crise européenne qui s'accentue avec la dégradation de 16 banques espagnoles par l'agence de notation Moody's n'est pas annonciatrice d'une reprise prochaine de la croissance mondiale. Elle peut, par conséquent, favoriser cette tendance baissière des prix de l'or noir. «Historiquement, dès que l'économie est affaiblie, les prix du brut s'effondrent», a fait remarquer James Williams, de Wtrg Economics. De sombres perspectives qui pourraient mettre fin... à l'état de grâce qui a touché l'économie nationale.